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Compte-Rendu du procès des supporters bastiais

Ce jeudi 16 février, la cour d’appel jugeait les faits qui ont eu lieu un an avant à la fin du match Reims - Bastia. A la suite de la rencontre, la police avait agressé une dizaine de bastiais causant la perte d’un œil d’un entre eux et des ITT de plus de huit jours pour la plupart. Pourtant, ce n’était pas les policiers qui étaient jugés hier mais bien les supporters. Retour sur un procès emblématique des violences policières.

Le procès commence par la version de la partie civile : 18 policiers (ça sent le crevard d’indemnité à plein nez). Une trentaine d’ultras bastiais quittent le Killberry avant le match en faisait péter deux bombes agricoles (de très gros pétards) qui auraient fait croire à un attentat (une corde sensible sur laquelle le procureur tentera également de jouer) et en invectivant la police (selon les flics : "bâtards de flics", "bâtards de français", "gros porcs", "sale pute", "salope", "j’encule ta femme", la liste est délirante on va s’arrêter là...).
Suite à cela, la police demande à ce que le bus de ces ultras parqué à Saint-Symphorien soit ramené au parcage visiteur de Delaune afin d’organiser leur sortie au plus vite à la fin du match.

Quand la rencontre se termine, selon la police toujours, une dizaine de bastiais sort à pied de manière véhémente. Une "fusée" aurait été lancée sur les policiers qui interviennent. Un policier reconnait un tir de Flash-Ball mais au niveau du McDo et qui n’a blessé personne. Selon la police, le supporter perd son œil suite à une chute sur un... poteau (aussi crédible qu’un viol accidentel !).

Les supporters, en garde à vue, relatent une toute autre histoire. Ils ont été copieusement insultés et provoqués au début du match, puis quand vient la fin de la rencontre, ils repartent chercher leur bus à Saint-Symphorien car personne ne les a prévenu du changement d’endroit.
Tout au long de leur chemin, les policiers les provoquent puis interviennent violemment au niveau du McDo et cours Langlet, lieu où leur camarade perd son œil. Les interpellations sont violentes, on les insulte de "sales corses" notamment. Un policier met volontairement un d’entre eux dans une flaque d’eau, il passera toute sa garde à vue trempé.

La vidéosurveillance prouve les violences policières

Après la confrontation des versions contradictoires, vient le visionnage des images et il est accablant pour les force de l’ordre. On y voit des policiers provoquer par de grands gestes (la vidéo est sans son) les supporters qui rentrent au stade. A aucun moment, on y voit les supporters venir vers eux.
A la fin du match, un petit groupe part effectivement du stade, de manière tranquille. Ils marchent suivis par de nombreuses voitures de police banalisées (probablement la BAC) puis arrivés au Mc Do on voit effectivement un fumigène (et non pas une fusée !) sur la route et les bastiais fuire de toute part. Cour Langlet, les interpellation sont violentes, les supporters lèvent les mains et les policiers leur donnent des coups de pieds, de poings et coups de gazeuse en pleine tête. Un d’entre eux est tiré au sol sur plusieurs mètres, un autre renversé par une voiture de la BAC.

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Les images de vidéosurveillance montre clairement la violence des policiers

Un mensonge droit dans les yeux

Suite à ces vidéos accablantes, viennent les témoignages.
Celui de Maxime, le supporter ayant perdu son oeil suite au tir de Flash-Ball fait froid dans le dos. Il tombe au sol suite à sa blessure, là les policiers arrivent et le tabassent en l’insultant. Tout au long de son transfert en garde à vue il se fait insulter.
Arrivé au commissariat, les policiers refusent de l’emmener à l’hôpital, au bout de plus d’une heure, il se résout à simuler un malaise, menotté et l’œil crevé. Il est enfin transféré à l’hôpital où il est opéré et où il apprend qu’il perdra son œil.
Les policiers viennent une dernière fois le provoquer "tu reviendras pas l’année prochaine, hein Maxime ?". Il se réveille seul à l’hôpital.

Pourquoi seul ? C’est Jean-Baptiste qui l’explique : lorsque les supporters bastiais sont venu au commissariat demander des nouvelles de leur ami, le commandant de police leur répond que tout va bien pour eux. A ce même moment, un camion de SAMU et de pompiers arrivent en trombe au commissariat. Jean-Baptiste réitère sa demande, un peu plus fermement. Les yeux dans les yeux, le commandant lui répond "C’est une personne aloolisée qui n’est pas en état d’être placée en garde à vue mais vos amis vont bien" alors les bastiais rentre chez eux, confiant.
Ils seront réveillés le lendemain par un appel d’une infirmière leur expliquant ce qui était arrivé à Maxime.

Suite à ces témoignages, le silence se fait pesant dans la salle, perturbé seulement par un policier en charge de la sécurité qui se permettra une énième provocation "ils vont nous faire pleurer". Non, on ne s’attend pas que à ce qu’ils pleurent, on les connaît que trop pour savoir que l’empathie ne fait pas partie de leur registre émotionnel.

Un procureur en peine à trouver des délits à reprocher aux ultras

Quant au procureur, il est plutôt mauvais bien que très véhément. Il pose à Jean-Baptise, président de l’association de supporters "Bastia 1905", plusieurs questions dont le rapport avec les faits ne semble pas évident.
Il leur demande pourquoi ils n’ont pas rendu hommage aux victimes du Bataclan, ce qui, en plus d’être complétement décalé, est également totalement faux comme en atteste cette vidéo. Il demande ensuite l’orientation politique de l’association, il parle des manifestations ayant eu lieu après les faits, alors que la présidente refuse d’évoquer l’affaire de Maxime, prétextant que ce n’était pas celle-ci qui était jugée aujourd’hui, il dit qu’il "a vu sur internet" des informations sur Bastia 1905, une conception étonnante de la justice, puis il se basera sur une note blanche des service de renseignement pour qualifier l’association d’"anti-français", notion très juridique chacun le constatera...
Bref, après ce petit show du procureur montrant l’absence de délits des supporters et sa parfaite ignorance du mouvement ultra ainsi que ses préjugés racistes sur les corses, les témoignages continuent, des victimes de violences policières, des supporters bastiais qui relatent les faits, tous plus ou moins similaires, on y apprend qu’un policier est entré dans un bar, arme visible, en criant "où sont les corses ?".

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De nombreuses manifestations de soutien à Maxime ont eu lieu en Corse pour demander à ce que justice soit faite

Toujours le même schéma

Une impression de vivre une énième fois la même histoire. Les policiers de la BAC provoquent, font les malins, cherchent à sortir de leur quotidien de policiers de province, un quotidien fait surtout d’ennui et de tours de voiture inintéressants.
Quand arrive l’action, ils en profitent, qui sait quand ça se reproduira ? Et ils donnent tout, insultes racistes, menaces puis coups de poing, coup de pieds, coup de gazeuses, ce genre de scène se produit chaque jour en France sauf que cette fois celui à qui on a confié un flashball se fait plaisir et crèvent un œil.
Là, ça a été trop loin, alors il faut se justifier, on invente de toute pièce un outrage, des rébellions que la vidéosurveillance démontent complétement.

Impossible que les supporters soient condamnés pour rébellion après ces images. Et si la police ment autant sur ces faits, il y a fort à parier qu’elle l’a aussi fait pour les outrages. Le verdict aura lieu le 27 avril, entre temps le 6 du même mois un ultra montpelliérain qui avait perdu un œil suite à un tir de flashball sera jugé pour outrage après avoir répondu aux moqueries des policiers rémois...

Maintenant s’ouvre la bataille judiciaire pour faire condamner le policier ayant crevé l’œil de Maxime. Car comme le dit Jean-Baptiste "c’est extrêmement dérangeant de voir que des gens qui devraient se trouver sur le banc de la partie civile se trouvent aujourd’hui sur le banc des prévenus". Une information judiciaire a été ouverte, une expertise devait arriver en septembre, elle ne viendra qu’en mars...



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  • Le 19 février à 13:44

    ACAB ! Liberté pour les Ultras !

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