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Célestin Freinet, l’engagement social et pédagogique en héritage

Le 8 octobre 1966 disparaissait Célestin Freinet. Cinquante ans après sa mort, ses combats pédagogiques et sociaux restent d’une grande actualité : la réalisation d’une éducation réellement populaire et l’ambition d’une pédagogie socialement critique et émancipatrice sont toujours à l’ordre du jour.

De l’instituteur syndicaliste à l’éducateur révolutionnaire

Freinet est avant tout un homme engagé : au sein du mouvement syndical d’abord et au Parti communiste qu’il rejoint en 1926. Ses engagements ne se limitent pas au milieu scolaire : il participe à la création d’une coopérative d’électrification de son village et à l’organisation syndicale des paysans. Son internationalisme n’est pas non plus une simple posture : il salue la création de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement6 (1921), correspond avec ses collègues d’autres pays, visite des écoles en Allemagne (1922) et en Russie (1925), participe aux congrès de la Ligue internationale pour l’éducation nouvelle et de l’Internationale des travailleurs de l’enseignement , etc.
Il convient de souligner la continuité et la cohérence de ce militantisme avec les pratiques pédagogiques développées par Freinet. Les brouilles avec le mouvement syndical dans les années trente, puis la rupture avec le Parti communiste dans les années cinquante, ont probablement éclipsé l’apport du mouvement syndicaliste révolutionnaire à la pensée et à la pédagogie de Freinet. Diffuser aujourd’hui les textes de ces premières années met en lumière ce lien. C’est dans les articles de L’École émancipée que Freinet se familiarise avec les innovations pédagogiques, comme les classes promenade. C’est avec des militants de la Fédération qu’il se lance dans la correspondance scolaire. Cette expérience décisive, il la relate dans les colonnes de la revue de la Fédération. C’est là que se recrutent les futurs adhérents et adhérentes de la coopérative que lance Freinet en 1926. Adossée, non pas « formellement » mais concrètement à la Fédération CGT de l’éducation, elle tient ses congrès la veille de ceux du syndicat et dans les mêmes lieux. Freinet veut en faire une émanation de la Fédération. La quasi-totalité des coopérateurs et coopératrices militent dans le syndicat. C’est peut-être d’ailleurs cette proximité qui est la source de la déception de Freinet et qui explique la querelle avec la Fédération. Tous et toutes, dans les rangs de la CGT, ne partagent pas « l’évidence » du lien entre syndicalisme et pédagogie ou craignent la concurrence9…

L’originalité du mouvement Freinet

Freinet expérimente et théorise dans le cadre des classes ordinaires de l’enseignement public (parfois avec 49 élèves !). Son abondante production pédagogique est inspirée par son expérience d’instituteur.
Dans l’introduction de Naissance d’une pédagogie populaire, l’ouvrage d’Élise Freinet qui retrace leur aventure, Freinet décrit leurs conditions de pionniers : « Nous avons démarré dans la misère de nos classes, avec des directeurs et des collègues qui nous tenaient souvent pour fous et illuminés quand ils nous voyaient brûler ostensiblement tout ce qu’ils adoraient, avec des inspecteurs qui se demandaient – et un peu avec raison, reconnaissons-le – s’ils avaient le droit de nous laisser faire “nos folies” dans nos classes publiques, avec des parents qui n’avaient pas même idée que l’école puisse être critiquée et améliorée, et qui tenaient pour suspectes toutes nos nouveautés. »
Il invente des pratiques et les fait vivre dans sa classe d’abord, à l’école de Bar-sur-Loup en 1920, puis dans celle de Saint-Paul jusqu’en 1934, date à laquelle il quittera l’Éducation nationale après une cabale des notables conservateurs du village soutenus par l’Action française. À la suite de l’affaire de Saint-Paul, désavoué par sa hiérarchie qui prononce un déplacement d’office, il préfère démissionner et créer une école privée et laïque à Vence, en 1935. Celle-ci accueille des enfants du peuple puis des petits réfugiés pendant la guerre d’Espagne. Cet établissement deviendra une école expérimentale en 1964 et sera reconnue par le ministère de l’Éducation nationale (Jack Lang) sous le gouvernement Jospin, en 1992.

Extraits de la préface du Maître insurgé (Libertalia, octobre 2016)


P.-S.

D’autres extraits et d’autres informations sur l’édication, la lutte et la pédagogie sur le site de Questions de Classe(s)


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