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gilet jaune , colére noire , justice de classe

Petit résumé de la manifestation du 18.05 et des procès du 20.05.

Balade en ville.

Le samedi 19 mai avait lieu le 27ème rassemblement des gilets jaunes fêtant, hélas, les six mois d’actions infructueuses du à l’entêtement du gouvernement qui continue à faire la sourde oreille. Reims avait été choisie comme point de rendez-vous unitaire. Dès 13 h, une foule fluorescente venue principalement des alentours (Epernay, Soissons, Troyes...) se retrouve sur le parking du Boulingrin. C’est une manif réellement bigarrée regroupant des personnes de toutes âge et de toutes sensibilités (étant donné qu’un appel avait été lancé par les gilets jaunes pour une convergence des luttes) comme le montraient les différents drapeaux, pancartes et banderoles des manifestantEs.
La manif partie à 14 h déambula juste qu’en fin de journée, principalement dans le centre-ville.

Où est Police ?

La stratégie policière pour ce rendez-vous était vraiment très étrange. La plupart du temps ils n’étaient pas là et les seuls points de contact (3,4) qui se sont créent renvoyait les manifestantEs inexorablement dans le centre-ville.
Grâce à cela, les nombreux slogans anti-capitalistes de la manif ont pu être accompagnés d’actes symbolique fort notamment en s’attaquant aux vitrine des banques, assurances et autres franchises se gargarisant du capitalisme.
C’était vraiment une petite satisfaction de faire payer ceux qui ont bien trop de contrôle sur l’ensemble de nos vies en s’enrichissant encore et toujours.
Il y eu 12 interpellations faites de façon complètement aléatoire, car il faut bien avoir des personnes à sacrifier pour que la marie et la préfecture rachète cet affront qu’ils ont laissé perpétrer du fait de leur passivité ou incompétence.

Roue de la malchance.

Ayant assistée au procès de 4 des 11 inculpés, le sentiment qui reste à la fin et un sentiment de dégoût.
À vouloir faire payer absolument les insaisissables blacks block fantasmé, on ne voit dans le box des accusés que des personnes raflés au hasard. Les policiers ayant eu tout le temps d’accorder leur violon pour en faire des parfait coupables.
On ne retrouve comme seule et unique preuve que le copier-coller des déclarations des forces de l’ordre ayant eu le loisir de la garde à vue pour se mettre au diapason.
La vidéo-surveillance si chère à la mairie n’a jamais été exploitable, on peut alors se demander pourquoi investir 1 million d’Euro par an, pour un résultat si nul. Le procureur regrettant qu’on ne puisse avoir une caméra par manifestantEs, chose qui risque dans le futur, d’être une réalité avec les délire de contrôle total des pouvoirs publics.
Les inculpés se retrouvent attaqués sur le simple fait d’avoir osé participer à une manifestation, certes non déclarée, mais qui n’a jamais été interdite. On leur reproche de n’avoir pas fui aux premiers tirs de gaz lacrymo ce qui reviendrai à faire disparaître toutes manifestations dès les premiers mètres, vu comment ces tirs sont précoces et constants quoi qu’il puisse arriver.
Au final, comme souvent dans les procès, on juge ceux qui se sont fait attraper parce qu’ils n’étaient pas totalement habillés en noir et qui n’avait pas le visage dissimulé (Moralité si vous ne voulez pas finir en prison ne suivez surtout pas la loi... Triste). Leurs antécédents judiciaires seront le support de leur culpabilité et non pas les fait de la manifestation.
Malgré les invitations répété de la juge à s’exprimer, elle invectivera violemment chaque prévenue des que la réponse n’est pas de l’autre du courbage d’échine.L’un des procureurs allant jusqu’à mettre en doute les capacités de réflexion d’un des accusés, le traitant littéralement de débile gratuitement du haut de son statue de vénère assermenté.
Dans la salle, quelques familles et gilets jaunes sont présentEs, la plupart n’ayant eu aucun signe de vie des prévenue pendant plus de deux jours et attendant de voir si l’épée de Damoclès tombera pour faire payer la casse à des personnes « intégrée » dans la société (symbolisée uniquement bien sur par le fait de travailler).

A la loupe

Les 4 ayant accepté la comparution immédiate, on les lâchera, comme d’habitude dans ce genre de procédure, dans un procès vide de preuve et expéditif, car on veut du sang, pas de la justice.
L’un deux repartira avec 4 mois de sursis et presque 1000 euros de dommage et intérêt pour « préjudice moral » aux keufs pour les avoirs traitée de « mouton ». Je vous passe la plaidoirie de l’avocate commis d’office expliquant que c’est un mot neutre, pas forcement péjoratif.. Solide.
L’autre qui écopera aussi de 4 mois de sursis (et d’une petite amende pour augmenter un peu les fins de mois d’un des fonctionnaires de police) n’avait que pour tort de prendre des photos et d’être racisé. Car dans notre société "instagramisé" ou tout devient une excuse à la photo, celles en manifestation, selon la juge, n’auraient aucune pertinence et cacheraient forcement un désir d’ultra violence.
Les deux derniers prévenus, à qui le procureur souhaitait 12 et 13 mois fermer auront finalement 18 mois ferme, n’ayant pas assez montré patte blanche lors de l’audience face devant l’appareil étatique et vu comme déjà coupable à la seule excuse qu’il avait déjà des antécédents derrière eux.
Un jour coupable toujours coupable. Voilà une logique bien facile et pratique pour vous faire porter le chapeau et justifier de la lourdeur des peines.
En filigrane, malgré les beaux discours sur la liberté et l’absence de compréhension du cassage politique des blacks blocks, on voit encore une fois, ce qui, hélas, devient un classique écœurant depuis six mois même si cela a toujours été une réalité pour le monde militant « de gauche » :
Il faudrait que les citoyen-nes restent chez eux, sans se regrouper pour dénoncer leurs conditions de vie invivable, le poids toujours plus lourd qu’on laisse peser sur les plus fragiles, ceux ayant eu une cuillère en bois dans la bouche ou pas de cuillère du tout et à qui on ne laisserait jamais relever la tête pour garder un tant soit peu de dignité.
Chair à canon sacrifiable, ils payeront de 18 mois de leur vie pour un bout de vitrine cassée et un trait de peinture sur un mur avec des officiels qui applaudiront des deux mains cette soi-disant justice.
Les apparences, dans ce cas-là, font froid dans le dos quand on met le matériel au-dessus de l’humanité.

Et le contexte.

Et oui parce que pendant l’audience, aucune fois n’a été faite mention que depuis 6 mois des gentes se battent véritablement pour pouvoir, même plus vivre, mais survivre. ÉtoufféEs depuis de nombreuses années dans le silence de la résignation, elles et ils battent le pavé depuis 6 mois dans l’indifférence la plus totalement de la part de la classe politique quels que soient leurs discours, nombres ou moyen d’action. Cette indécence n’est pas remise en cause, on attend que cela s’épuise et on l’aide bien à coup de condamnation dérisoire, de tirs de LBD et grenades de dés-encerclement, un bon mépris de classe, en gros.
On ne cherche même pas à comprendre cette colère, à se dire qu’un-e travailleur/se sdf n’a hélas rien à perdre, que la précarité amène trop facilement aux comportements addictifs et qu’au lieu d’une main tendue pour aider, on préfère un revers qui frappe de façon incisive et qui met KO le pauvre bougre, sa famille et son entourage qui a de toute façon le même type de vie.
On va pleurer pour un policier à peine blessé alors que ce danger fait partie intégrante de son travail, pour une vitre cassée qui sera réparée en moins de temps qu’il faudra que pour aider à rebâtir une vie brisée.
Comme dans une tour d’ivoire où tout se passe bien pour les riches malgré la misère sociale galopante, la détresse écologique indéniable et les énormités monstre créée par cette incessante course au fric et au prestige, tout va pour le mieux dans le monde maintenant que l’affront ai été réparé...
À part attiser la colère il y a rien à voir de bon dans tout cela.



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