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"Papas perchés" à Reims...

Mardi 20 janvier, des "papas perchés" seront devant le tribunal de Reims pour rencontrer la population. Il s’agit de ces pères qui montent à des grues pour médiatiser leur volonté d’avoir la garde de leur enfant. L’occasion de revenir sur une supercherie...

Plusieurs pères organisent une marche depuis Freyming-Merlebach, en Moselle, jusque l’Élysée pour réclamer plus de droits dans la garde des enfants. Ces actions avaient été très médiatisées suite aux manifestations homophobes de 2013 quand, surfant sur la vague réactionnaire, plusieurs pères avaient escaladé des grues pour se faire médiatiser.

Ce combat, en apparence juste puisque prônant l’égalité, n’est en réalité qu’un autre exemple d’inversion victimaire. Le premier argument de ces cinq hommes consiste à dire qu’ils seraient aussi victimes de sexisme.
Le sexisme, découlant du système patriarcal, a été mis en place par des hommes pour des hommes et donc aussi bien que le racisme, découlant du colonialisme européen, ne peut pas toucher, en France, les blancs ; les hommes ne peuvent être victime du sexisme.

En revanche, il est vrai que de par certaines conséquences de ce patriarcat, des hommes se sentent discriminés. La position de dominant n’entraine pas uniquement des avantages, les hommes en attribuant aux femmes les tâches ménagères s’excluent d’eux même du foyer, ainsi qu’en se revendiquant comme le protecteur, ce sont eux qui par milliers vont se faire tuer lors des guerres. Ces désagréables conséquences sont la preuve que le patriarcat peut, et doit, être combattu par les hommes, mais elles ne sont en aucun cas la preuve que les hommes sont victimes du sexisme qu’ils ont eux-même installé.

Les victimes du patriarcat sont les femmes. En récupérant, pour ne pas dire voler, ce statut aux femmes, ces papas perchés créent une confusion. Le système actuel victimiserait aussi les hommes et donc finalement ne profiterait à personne. Pour combattre un système basé sur la domination, il est très important d’identifier qui a intérêt au maintien de cette domination et qui a intérêt à la détruire. Il est évident dans notre société que les hommes ont intérêt à sauvegarder un postulat de base que les femmes voudraient combattre. Ce principe est le fondement même de l’autogestion des luttes. La lutte contre une domination n’appartient qu’à celles ou ceux qu’elle oppresse.

Ces mêmes mécanismes de confusion sont à l’œuvre dans d’autres dominations. Le risible racisme anti-blanc inventé par Jean-Marie Le Pen a trouvé un écho dans une certaine presse bourgeoise et conservatrice. Découlant du colonialisme européen et de l’asservissement du reste du globe, le racisme, pour le moins en France, ne peut tout simplement pas exister à l’encontre des blanc. Quand un blanc se fait insulter de "babtou", de "guer" ou de "face de craie" par un arabe ou un noir, il s’agit simplement d’un mouvement d’humeur, critiquable, oui, mais en aucun cas découlant d’un système de domination dans lequel le pouvoir et la prise de décision sont réservés à une catégorie. Il suffit de regarder l’assemblée nationale, les débats télévisés ou les conseils d’administration des entreprises pour comprendre quelle indécence il y a à dire que les hommes et les blancs peuvent être victime de sexisme et de racisme dans notre société.

Détruire le patriarcat ne peut être que l’œuvre des femmes, il ne viendrait d’ailleurs à personne l’idée que pour combattre le capitalisme, il faudrait des patrons. Ceci dit, cela ne signifie en aucun cas que les hommes doivent se laver les mains du sexisme. Les hommes ne souhaitant pas être dominants, ne supportant pas cette idée, auraient avantages à se battre contre le sexisme, sans pour autant s’approprier la lutte des femmes mais en articulation avec celles-ci.
Dans le même ordre d’idée, les blancs peuvent bien se lever contre le racisme, sa destruction définitive ne pourra advenir que de ceux qui n’y ont aucun intérêt.


P.-S.

En bonus, voici à quelle stupidité l’inversion victimaire peut conduire :
http://lelab.europe1.fr/agression-de-samuel-lafont-christine-boutin-denonce-un-acte-heterophobe-8571


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