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De la non mixité (2er partie)

Retour sur la pratique de la non-mixité et sur la fausse polémique de cet été concernant le camp décolonial qui était organisé au Centre International de Séjour de Reims. Première partie :ici.

Dans cette seconde partie, je vais m’attaquer, comme promis, a l’interprétation communautariste que l’on fait des non-mixités choisies.
Comme je l’ai évoqué précédemment, la France se targue d’ un universalisme bon enfant.
Cet « universalisme » gomme toutes les différences/spécificités de chacun/chacune pour donner l’illusion que l’ascenseur social n’est pas en panne ou n’a pas été tout simplement muré.
Sûrement influencé par l’idéal républicain du citoyen « neutre » qui entre dans la société pour y interagir, on a beaucoup utilisé ce bouclier d hypocrisie pour conspuer les autres, celleux qui restaient sur le carreau. Plutôt que de chercher les causes de ce décalage dans le système lui-même, on a bien évidemment mis a l amende celleux qui n’arrivaient pas à trouver de place, on a préféré omettre que c’était justement parce que l’on ne voulait pas d’ eux ( par racisme, sexisme, classisme,..)
Comme pour le viol, où l’on est plus prompt à chercher des éclaircissement sur les supposés comportements de la victime, oubliant l’agresseur qui est le seul fautif, on critique celleux que la réussite ne touche pas du fait de leur refus de se plier a l’égalitarisme soi-disant salutaire. On refuse de prendre en compte les écarts racistes, sexistes et cette constante reproduction de l’élite qui reste toujours la base de notre société actuelle.
Face a cet abandon, le réflexe le plus primal est donc de se retrouver entre « laissés pour compte » , vivant la ou les mêmes situations et pouvant ainsi s’entraider pour arriver à palier à ce manque d’aide qui devait venir de l’idéal républicain.Voila ce qui est la base du fonctionnement communautaire.
Pour avoir une vision différente de ce soit-disant problème, on peu regarder le fonctionnement des pays anglo-saxons où l’on a beaucoup moins de problème avec le concept de communauté. C’est même avec ces communautés que l ’Etat collabore ou interagit car il a pris conscience de la multitude des différences de ses concitoyens et du fait que bien trop souvent une loi « généralisante » pourrait affecter négativement certaines communautés.

En France , les communautés sont considérées comme obligatoirement sectaires et dangereuses car elles remettent en cause l’universalisme que l’on prêche bêtement.
Bien sur, on n’assumera pas que tout le monde vit dans une forme de communautarisme mais que ce communautarisme est « invisible » quand c’est celui de ceux au pouvoir. Quand il est blanc, riche, hétéro, c ’est ce qu’on appelle simplement la « normalité », donc, on n’en fait pas tout un fromage vegan. Mais quand il s’ assombrit, les peurs refont surface, quand il se "pervertit", il inquiète et quand la « masse » se l’approprie, il fait bien peur.
Soyons honnête, nous avons toutes et tous des pratiques communautaristes parce que, justement, nous côtoyions et vivons bien souvent avec des gens qui nous ressemblent ou qui ont les mêmes centres d’intérêts que nous. Loin des pub Benetton et du bon vieux « black blanc beur », on ne choisira pas ses amis juste pour remplir des quotas de couleurs , avoir des gentes de différentes « sexues » pour prouver qu’on est quelqu’unE de bien (sauf si on est politicien, c’est bien trop souvent le cas avec l’arabe/noir ou LGBT de service).
De plus, cette communauté qui se crée plus souvent par solidarité,par ce qu’illEs vivent dans la même merde, ne prône pas forcement le sectarisme qu’on veux lui faire porter, afin de, justement, plus facilement le discréditer.
On peut se réunir entre musulman, ayant la même pratique religieuse, sans vouloir faire du terrorisme islamique. On pourra crée des lieux ouvert au LGBT /TPBG sans s’en servir comme « base » pour coordonner des agressions "hétérophobes"* ou violer les non-convertiEs à nos pratiques... C’est pourtant l’impression que nous renvoie sans cesse l’État. Cet État qui est censé s’occuper de nous aussi.

Pour en revenir a la pratique de la non-mixité, elle est justement vue comme un outil de ce communautarisme que l’on aime fustiger.
On voit celleux qui la pratiquent comme d immondes bêtes sectaires qui ont besoin de montrer au monde qu’illEs rejettent l’autre, au lieu de tendre l’autre joue. On ne cherche pas à comprendre l’ avantage de cet outil, et bien que son utilisation soit souvent sporadique ou limitée, dans cette société qui refuse de nous voir tellEs que nous sommes,on nous insultera très vite de nazis (point goldwing).
Nous pourrions, bien sur, faire, nous aussi, la critique de cette société , mettant à jour ce qu’elle cherche à cacher et prouver que cette société a aussi des pratiques communautaires, et du coup , sectaires si l’on se réfère à leurs argumentaires.Mais eux, ils sont la norme, la normalité, la nature, ce qui a toujours été et sera toujours, ce qui est invisible tout en étant là.

En ce qui concerne ce camp d été décolonial, c’est une critique sur le soit-disant racisme inversé que les participantEs allaient invoquer en se regroupant.
Cette non-mixité, donc, entre personnes qui vivent très clairement au jour le jour, un racisme d’État. Des personnes toujours considérées comme potentiellement quelqu’unE qui n’appartient pas a ce pays. IllEs avaient pour but de mettre des mots sur leur quotidien sans qu’une personne non concernée et défendant de « belles valeurs » ne vienne remettre en cause le bien fondé de ces vécus.
Ce n’est pas un sujet qu’on aborde de façon aisée et surtout, il y a déjà un gros travail a faire pour ne plus croire que le problème vient de nous, de choses qu’on ferait ou ne ferait pas.
Ces moments de non-mixité ont pu servir a croiser les vécus, a voir les mauvaises habitudes, les comportements résiduels d’un racisme sous-jacent mais contre lequel on butte bien trop souvent.
Comprendre encore une fois les mécanisme pour mieux mettre à mal ce système vétuste et voir les point à réparer.
C est bien de cela qu’il était question pendant ces journée. Loin de ce sectarisme revanchard qui pourrait pourtant être légitimé vue comment l’on nous considère. Mais nous valons mieux que cela.
Pour finir sur une note éducative, mais surtout humoristique, je vous invite à bien regarder ce petit sketch qui, pour moi, résume de façon simple et précise l’impossibilité d’un racisme inversé ( ou anti-blanc) dans nos contrées européennes.

Et j’espère vous avoir éclairé sur les non-mixités et vous avoir donné envie d’en faire l’expérience.


P.-S.

*l’hétérophobie n’existe pas parce que jamais cette pratique n’as été placée comme minoritaire et jamais des personnes n’ont été violentée/tuée sur se simple soupçons de pratique sexue.


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  • Le 9 novembre 2016 à 11:59, par Anonyme

    Bonjour,

    Un lien vers la premiere partie de cet réflexion sur la mixité serait le bienvenu en début d’article.

    Merci pour votre travail

    Camille

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