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Chronique de l’homophobie ordinaire dans la police et la justice.

Le 6 août 2012, le corps roué de coups de Bernard Bernier est retrouvé au petit matin près de la gare de Saint-Quentin, un endroit connu pour un être un lieu de drague homosexuel. Cette affaire, jugée en appel cette semaine à Beauvais, illustre parfaitement comment la police et la justice traitent les affaires concernant les homosexuel-le-s.

C’est donc le 6 août au matin que Bernard Bernier, agè de 62 ans, est retrouvé agonisant. Son visage est en piteux état, il est impossible de le soigner et il mourra, lentement, six mois plus tard, le 30 avril 2013.

La police ne fait aucun travail concernant cet homme retrouvé presque mort. Aucune enquête de voisinage, aucune recherche des agresseurs, rien... Un homme retrouvé tabassé dans un coin homosexuel, ça n’intéresse pas la police !

Ce sont des voisins qui, une semaine après, alertent les forces de l’ordre, qui met enfin un nom sur ce visage meurtri. L’enquête n’avance pas plus. Pourtant, le compte bancaire de Bernard continue de tourner, alors que lui se trouve dans le coma. Encore une fois, la police ne semble pas s’en rendre compte, en tout cas pas tout de suite. Il aura fallu cinq semaines pour que les enquêteurs découvrent que 8 000 euros avaient disparu de son compte.

Plus grave encore, le jour même de sa découverte, une sacoche pleine du sang de Bernard est retrouvée près de son corps. Dans cette sacoche, se trouvent des papiers d’identité appartenant à un homme, connu pour faire partie d’une bande violente du coin. A Saint-Quentin, des personnes connues pour des faits de violences, sévissant dans le quartier de la gare, il n’y en a pas dix milles...

Pourtant, la personne à qui appartient les papiers ne sera arrêtée qu’un an après ! Ainsi que trois autres personnes, deux majeurs qui comparaissent également en appel, et un mineur déjà jugé. L’histoire que nous présente la police, et la thèse reprise par la justice est la suivante : ils ont pris au hasard cet homme, dans ce coin au hasard et l’ont détroussé. Rien ne figure sur le caractère homophobe de l’agression qui, quand on réfléchi au lieu et à l’heure, ne peut vraiment pas faire de doute. Tout le monde à Saint-Quentin connaît le caractère de cet endroit la nuit tombée.

Le petit détail en trop dans cette affaire. Celui qui met la rage, et face auquel on comprend l’homophobie de la justice, c’est le passé judiciaire d’un accusé en particulier, celui là même dont les papiers ont été retrouvés à côté du corps de Bernard. Il a été condamné pour avoir agressé un homosexuel en 2006 puis, en avril 2013 soit pendant l’enquête, a été retrouvé près du corps sans vie d’un autre homosexuel. Le légiste conclura à une crise cardiaque. Malgré tout ça, le caractère homophobe n’a pas été retenu.

Ce fait divers pourrait nous faire penser que les policiers et les juges sont des imbéciles. La conclusion est en fait plus grave. Ces gens ne traitent tout simplement pas de la même manière les affaires concernant les homosexuel-le-s. A chaque fait divers dont la victime est homosexuelle, on retrouve les mêmes légèretés dans l’enquête policière puis la même disparition du caractère homophobe dans le traitement judiciaire.

Toujours est-il que le 30 avril 2013 à l’age de 62 ans, en plein débat sur le mariage homosexuel, un homme, Bernard Bernier, mourrait dans le plus grand silence des suites d’une agression dont le caractère homophobe ne fait pour nous aucun doute. Il allonge la liste des personnes assassinées en raison de leur sexualité.

A l’heure où les gros porcs de la Manif dite "pour tous" tente de revenir répandre leur venin, nous n’oublions pas qu’en France, comme à Orlando le 11 juin dernier, l’homophobie tue !



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